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Brèves littéraires
Myndie : Fait d'hiver
 Publié le 05/04/25  -  5 commentaires  -  1401 caractères  -  38 lectures    Autres textes du même auteur

Elle est « un frisson d'eau sur de la mousse ». Verlaine

Une histroire vraie.


Fait d'hiver


La vie avait commencé par un petit matin ronronnant, lové dos arrondi comme un matou sur le rebord du temps ; un de ces points du jour souverain du vide, qui secoue ses rêves et ouvre ses oreilles au silence peuplé d'insignifiantes choses. Inertes, les minutes s'étaient coagulées au fond de l'encrier. La maison, sourde, aveugle, ignorait les craillements griffus des oiseaux de malheur et la mélopée froufroutante des ramures giflant l'air. De fébriles frissons glissaient sur les carreaux et leur flore mouillée en argentait les reflets.

Dans ce moment figé, je méditais sur la solitude des plaines et des fleuves…

La grande bouche de l'amie hertzienne déversait ses coulées de parlotes, grands remous écumeux où rôdent les monstres mais jamais n'apparaît l'écho laiteux de la lune sur l'herbe. Le journal ouvrit l'œil pour me laisser voir à l'intérieur.

Bien à l'abri dans sa caverne obscure et tiède, Séréna tétait ses doigts menus de poupon chlorotique. Regard décoloré sous des paupières diaphanes, elle n'avait pour toute silhouette que l'ombre d'un fantôme. Bien au chaud dans son berceau de métal, Séréna rêvait-elle au monde singulier qui ne l'entourait pas ?

Octobre 2013. Bientôt les vents de farine gauchiraient les vieillards cacochymes.

Bientôt le gel marquerait de son sceau rouge d'insoucieuses Babels.

La petite fille qui n'existait pas dormait dans le coffre de la voiture.


 
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   Donaldo75   
26/3/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
J'ai trouvé ce texte très bien écrit, à lire en écoutant Einstürzende Neubauten. Il y de la poésie, une forme parfois cubiste, dans ces lignes narratives alors que le sujet est tout sauf poétique. J'ai mis du temps à comprendre - et encore, je me suis fait aider par une petite voix - mais quand j'ai compris je me suis dit que ce texte était encore plus fort que je ne l'avais pensé lors de ma première lecture. Je pourrais analyser encore et encore pour commenter de manière plus approfondie mais ça polluerait mon impression, lui enlèverait sa partie intuitive, son côté émotionnel, spontané, voilà spontané c'est le qualificatif qui me vient immédiatement à l'esprit. Cette écriture est riche, cette manière de raconter est pyramidale et pourtant la lecture reste spontanée, le mystère ne se découvrant qu'en répétant la lecture.

C'est fort, non ?

Bravo !

   Cyrill   
5/4/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Quand un fait-divers se transforme et transcende la simple relation journalistique de fait-diversiers en mal de sensationnel, pour se teinter de poésie et s’emmailloter dans le temps.
J’avais un vague souvenir de ce drame. Peut-être que, comme la locutrice, je l’ai entendu alors que j’étais occupé à d’autres pensées. Comme souvent quand « la grande bouche de l’amie hertzienne [déverse] ses coulées de parlotes ».
La petite fille dans le coffre s’inscrit comme un minuscule chat dans la gorge immense du monde tel qu’il ne va pas : « singulier ». Il se la racle et tousse et poursuit sa dégringolade.
Une plume qui médite et laisse les mystères planer, les monstres rôder, l’hiver s’installer tout en échos et reflets.
Juste quelques lignes, mais que de richesses en elles ! et Séréna peut se rendormir sereine en un non-lieu, bercée d’une non-existence, tandis que nous continuerons peu ou prou à vivre.
Écouté d’une seule oreille tandis que l’autre baguenaude, le journal d’actualités, qu’elles soient majuscules ou minuscules, prend des allures fantasmagoriques.
Ou quand la poésie fait diversion.
Bravo Myndie !

   Eskisse   
5/4/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Myndie,

Le fait brut transposé dans l'encre de la poésie où comment le fait divers fait irruption dans nos vies, s'articule à elles.
Pas de jugement, pas d'ergotage, juste la relation du fait.
L'écriture est très belle.
Un poème de fin d'humanité.

   Dimou   
5/4/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Une brève d’excellence, comme les précédentes, et comme les précédentes c’est poétique : tu sais mettre le vocabulaire nécessaire à l’impact ; mais jamais les ingrédients ne délient : chacun est là pour flatter le neurone.

Excellente ai-je dit :

Ou comment tirer la beauté de l’indicible, le savoureux de la noirceur.

C’est du talent tout ça. Peut-être plus que ça d’ailleurs. Ça scintille. Peut-être feras-tu de cette catégorie littéraire ta spécialité ?

Dur de rentrer en profondeur dans cette histoire en tant que commentateur, je préfère livrer de courtes impressions, mais tout est dit par tes soins de toute manière.

Chouette, très chouette brève.

Bon week-end Myndie.

   papipoete   
5/4/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
bonjour Myndie
A lire jusqu'à la fin et comprendre quelle était cette petite héroïne, qui dormait dans son berceau de métal, et tétait son pouce pour l'éternité ?
Un fait divers pouvant se passer en été, comme au temps des frimas, lorsque la mort est au bout du chemin.
NB je ne saisis pas s'il s'agit d'un " oubli " de la part d'une mère tête-en-l'air ", ou bien d'un meurtre prémédité ?
Les 3 dernières phrases sont fort poétiques, au milieu de cet instant sordide " les vents de farine... "très visuel !
Mon avis cependant pencherait vers l'image d'une " paumée ", qui oublie tout jusqu'à déposer son bébé non point dans un couffin, mais dans un cercueil de tôle.


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