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Poésie classique
Boutet : Regrets éternels
 Publié le 05/04/25  -  5 commentaires  -  1015 caractères  -  65 lectures    Autres textes du même auteur

Les défunts sont toujours meilleurs.


Regrets éternels



Je maudis les humains, j'aime les cimetières,
Aurore de la paix des flamboiements aux froids
Où foisonnent des fleurs habillant de lumières
Un horizon tranquille habité par les croix.

J'ai hâte de quitter les affres de ma vie,
M'étendre dans un lit de roses parfumé
Pour que mon esprit fort d'une ultime énergie
Aille rejoindre ceux, rares, qui m'ont aimé.

Je ne perçus que peu de gestes de tendresse
Depuis le fond de cette impasse où je naquis,
Après l'hiver d'antan et l'âge qui se dresse
La glace et le désert demeurent mes acquis.

Mais mon âme bâtit près des tombes jumelles
Ma demeure future où je serai vivant :
On encense les morts aux couches éternelles
Sous un marbre lustré caressé par le vent.

Quel sentiment nouveau que la reconnaissance !
De ne plus me sentir exclu de ce parcours,
Puisque, dans mon destin débordant d'espérance,
Je n'ai pas su trouver le chemin des amours.


 
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   Ornicar   
27/3/2025
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Le registre de ce poème est clairement celui de la plainte. Le narrateur s'apitoie sur lui-même avec, je trouve, une forme de complaisance envers lui-même qui me gêne et me dérange un peu, pour aboutir à une chute qui me paraît, là aussi en toute subjectivité, un peu "mièvre" : "Puisque, dans mon destin débordant d'espérance, / Je n'ai pas su trouver le chemin des amours". Est-ce parce que l'époque est à la victimisation que mon "ressenti" est "mitigé" ?

Dommage que le texte donne ainsi l'impression d'aller "en s'affaiblissant" car la première strophe, ma préférée, ne manque pas d'allure avec son premier vers qui tape fort : "Je maudis les humains, j'aime les cimetières". Elle en jette, cette entame ! Dans mon idéal, j'aurais voulu conserver cette tonalité tout au long du poème. Sous cet angle, la strophe 2 tient toujours la route, mais le vers 7 avec son "pour que" me semble inélégant et prosaïque dans sa formulation. Les choses, pour moi, se gâtent clairement à partir de la strophe 3 : "Je ne perçus que peu de gestes de tendresse". Victimisation, quand tu nous tient ! Mais peut-être suis-je tout simplement sans coeur et injuste.

J'ai bien aimé en revanche le paradoxe pointé par l'avant dernière strophe : "Mais mon âme bâtit près des tombes jumelles / Ma demeure future où je serai vivant". Se presser "d'en finir une bonne fois pour toute" pour se sentir enfin vivant, voilà enfin un programme des plus réjouissants bien que difficile à atteindre. De quoi éveiller à nouveau mon intérêt pour ce poème. Mais, hélas ! - la dernière strophe retombe dans le "travers" déjà relevé plus haut.

   Vincent   
5/4/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Boutet

J'adhère complétement à votre discours

Les morts sont intouchables et respectés, mis à part les sauvages qui ne respectent rien, je crois que le service militaire (24 mois en Algérie) m'a apporté ce respect, en enterrant un mort on ressent profondément le respect aux morts, malheureusement ......

De plus votre poème est pour moi magnifique

Merci et agréable journée

Votre texte devrait être lu à l'école

   papipoete   
5/4/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
bonjour Boutet
Je lis votre texte d'abord, parce que j'aime les cimetières ( là où sont couchés de très vieux défunts, aux prénoms autres que Steve ou Ashley ) et bien sûr toujours fleuris, et stèles imposantes.
Aussi, par votre raisonnement, où l'on entend tellement de bien sur celui qui s'en va, alors qu'il fut une immonde personne...
Il n'en demeure pas moins que contrairement au héros, bien qu'ayant particulièrement souffert du coeur et de l'esprit, je ne suis point pressé de rejoindre tous ceux qui m'aimèrent !
La dernière strophe est particulièrement belle ( mais quel constat que cette vie sur Terre, où nul ne respecta ce " maudit " ) et que la Vie Eternelle seule saurait rétablir à juste titre.
Je suis embêté pour affiner mon analyse, car tout ce qui est débattu dans ces vers, me toucha comme l'envie d'en finir mais heureusement s'enfuit de mes pensées !
l'avant-dernière strophe est mon passage préféré, où tout espoir n'est point défendu.
les 2 premiers vers en alexandrins classiques, rutilent particulièrement et montrent une fois encore, comment la versification CLASSIQUE peut sembler fastoche !

   Cristale   
5/4/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Afin d'être certaine que le poète l'entende de son vivant, je vais l'encenser pour sa technique d'écriture autant que pour le sujet traité.
Inutile d'attendre d'être dans la tombe pour lire et entendre mes compliments - au cas où la communication ne passerait pas au fond du caveau - sur les qualités d'une plume, particulièrement noire aux pensées morbides mais profondes, pour laquelle j'ai une certaine tendresse... comme quoi il n'est jamais trop tard.
Avec ma reconnaissance.

   Ramana   
5/4/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
C'est idéaliser la mort que de penser que l'on sera plus heureux dans cet état. Et d'abord, il faut déjà supposer que l'on y sera conscient pour pouvoir s'y ressentir, retrouver les siens, etc... Affaire de croyance s'il en est ! Pour ma part, j'incline à penser que quelque chose perdure au delà, mais quoi donc ? Il est courant de nos jours que tel ou tel relate ses "Near Death Expériences", lesquelles n'ont peut-être que peu à voir avec un réel parcours post mortem allez donc savoir !
Comme dirait je ne sais plus qui : "le bonheur ne se trouve pas dans la nature des faits qui nous échoient, mais dans la façon dont nous les appréhendons". Et quelqu'un n'a t'il pas dit : "heureux les simples en esprit, car le royaume des cieux leur est ouvert" ?
Sinon, toute chose étant néanmoins possible, je vous souhaite un bon séjour post mortem, en l'espérant tout de même encore un peu lointain ,sait-on jamais...


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