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Poésie classique
Cristale : Le ciel en son déclin
 Publié le 24/03/25  -  18 commentaires  -  1066 caractères  -  354 lectures    Autres textes du même auteur


Le ciel en son déclin



Une fille insoumise incarnant le courage
Au milieu de la foule intriguait les passants ;
Dans sa robe légère elle avait l’apanage
D’assumer de plein droit la beauté de son âge,
Le regard vertueux des esprits bien-pensants.

Les yeux fous, poings levés, des hommes l’ont maudite,
Des femmes l’ont suivie, agitant leurs foulards ;
Les soldats condamnaient la tenue interdite
De la jeune insolente, et plus qu’eux érudite,
Ses cheveux libérés tels de fiers étendards.

Nul ne cherche à savoir ce qu’elle est devenue
Préférant éviter rumeurs et quiproquos.
Je n’oublierai pas l’ange aux ailes d’ingénue
Bravant l’autorité sans crainte et tête nue.
Son miroir s’assombrit face aux murs lourds d’échos.

Un voile a recouvert l’éclat de son visage
Taisant le souvenir de son chant cristallin
Et les pourprés charnels, déflorés avec rage,
Rougissent la paillasse où l’amour est outrage.
Le jour ne jaillit plus du ciel en son déclin.


 
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   papipoete   
24/3/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
classique
une fille insoumise incarnant le courage... ses cheveux libérés tels de fiers étendards, bravait la morale de ce pays aux meurs devenues folles. La fille, sous un voile recouvrant son beau visage, a disparu / on apprendra plus tard, que jamais plus elle ne détacherait ses cheveux.
NB on sait tout de suite de qui l'auteur parle, Masha Amiri dont les femmes ne connaissant point cette privation de liberté, se battirent pour qu'elle vive, survive à l'Enfer où on l'avait envoyée.
Hélas, elle mourut en sacrifice que des mollahs lui érigèrent...
la seconde strophe est particulièrement dramatique
je suis sûr que ce texte paraîtra, et je ne manquerai pas de m'y appesantir ce jour-là ! promis ! ces alexandrins que le Classique habille, vont jusqu'à l'âme de cette fille, qui aimait sûrement la poésie !
papipoète en lecture aveugle le 7 mars
édit le 24 mars
jje savais que cet hommage, ne resterait pas sous la poussière, et Oniris resplendit de publier de tels hommages, quand il faut parfois murmurer, taire même ce que l'on sait. Derrière le voile, infâme hijab on emprisonne des corps, des visages, on muselle l'esprit, mais il défie parfois le BARBU et il en coûte souvent la vie... sans songer aux tortures que l'innocente doit subir, avant la mort !
la dernière strophe qui évoque ces " pourprés charnels " fait mal à lire, et l'on voudrait pouvoir tendre notre dos, pour partager un peu ces coups, ces humiliations.
Mon dieu, que l'alexandrin est beau pour parler d'une héroïne, d'une fille de l'âge de notre fille, qu'on livre aux griffes de l'Inquisition moderne !
on voudrait tant que la première strophe s'appliquât à ces filles d'Iran... et que la PAIX et la LIBERTE leur accordèrent droit de citer, tout simplement mais ici, c'est la FRANCE

   Geigei   
13/3/2025
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aime beaucoup
Je recherche le nom de cette femme iranienne arrêtée et battue par les gardiens de la morale locale.
Elle en est morte.
Ce texte ne dit pas son nom mais ce pourrait être un hommage à cette femme... Mahsa Amini ?

Pour la forme, la fluidité est confondante.

Et "Le jour ne jaillit plus du ciel en son déclin" pour dire l'obscurantisme...

Un grand bravo pour le travail et la pensée qu'il porte.

   Donaldo75   
17/3/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
J’ai trouvé ce poème vraiment bien composé. Il ne se contente pas de raconter, comme c’est assez souvent le cas dans mes dernières lectures oniriennes, et dresse un tableau presqu’animé, à l’instar de ce que proposait la peinture française du dix-neuvième siècle. La forme classique amplifie la force du propos, donne encore plus de tonalité au traitement du thème, malheureusement trop souvent d’actualité. Il n’y a pas de trop, d’exagéré, de caricatural dans ce poème et il ne se cantonne pas non plus au documentaire. Il exprime un point de vue sans le « moi je » dont certains textes sont si souvent arrosés. C’est subtil.

   Vincent   
24/3/2025
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et
aime beaucoup
Bonjour Cristale

Votre très beau texte est un cri de ralliement à la liberté

Qui peut dire à une femme comme elle doit s'habiller, dans notre pays je crois que beaucoup d'homme ont bien pris conscience que la femme n'est pas leur attribut, malheureusement ce n'est pas le cas dans des pays décalés de plusieurs siècles par rapport à notre "évolution"

J'ai beaucoup aimé votre piqure de rappel nécessaire

Bien sur la qualité de votre poésie est toujours excellente

Merci Cristale et très bonne journée

   Provencao   
24/3/2025
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très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour chère amie  Cristale,

Belle émotion poétique narrée avec une grande pudeur et délicatesse qui vaut pour la poésie, pour la musique et pour la peinture, et qui nous invite à nous ignorer, à laisser notre réelle existence, à nous projeter dans un destin qui n'est pas le nôtre, et curieusement nous avons l'image, le ressenti, l'impression que nous éprouvons ce qu'en réalité nous ne ressentons pas.

Belle spécificité du médium des arts litteraires ou autres qui induit fort bien l'émotion en vos vers spécifiquement poétique.

Bravo pour votre travail sur ce bel ouvrage adroit et intelligent.

Au plaisir de vous lire
 Cordialement

   Metsys   
24/3/2025
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et
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Un bel hommage, qui dit tout ce qu’il faut dire sur cette injustice tragique.
Sur la forme, j’ai une tendance déplorable mais récurrente à comparer ce genre de textes à Viro Major, et votre poème d’un beau classicisme retenu nous épargne le pathos trop fréquent chez Hugo. Le dernier vers est, comme d’habitude dans vos textes, superbe.

   Boutet   
24/3/2025
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très aboutie
et
aime beaucoup
Un joli poème d'actualités : la femme ne sera jamais complètement libérée dans tous ces pays
et même dans le nôtre où la religion dicte sa loi. Nos problèmes actuels avec l'Algérie en sont l'illustration
sans équivoques.
Un écrit sans failles comme d'habitude.

   Myndie   
24/3/2025
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très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Cristale,
il me sera difficile d'ajouter quelque chose à ce concert de louanges amplement méritées mais je tiens quand même à te laisser mon impression sur ce très beau texte au titre trompeur qui envoie le lecteur sur la piste d'un poème descriptif et romantique, quand tout son sens et sa puissance se révèlent au dernier vers.
Ainsi associé au rouge de «la paillasse où l’amour est outrage », il ajoute à la densité du bouleversement brillamment partagé par la poétesse.  

C'est un texte pour se souvenir qui balance avec force son émotion à travers des images subtiles et des expressions coup de poing. La délicatesse de ta plume se retrouve dans chaque vers et surpasse en spontanéité et en véhémence, comme en douceur et en sentiments, ce qui aurait pu n'être que prose rimée n'ayant d'autre intérêt que de rappeler ce fait révoltant, dans un pays aux mœurs politiques révoltants face au courage de toutes les figures de l'opposition.
Pour tout ça, bravo et merci Cristale.

   embellie   
24/3/2025
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très aboutie
et
aime beaucoup
Je prédis, et je souhaite, cinq belles plumes comme notation de ce magnifique poème qui met en exergue l’horreur de l’intolérance poussée à son paroxysme (jusqu’à la mise à mort) par ces hommes bornés, à l’encontre des femmes de leur pays quand elles se montrent insoumises.
" Les soldats condamnaient la tenue interdite
De la jeune insolente, et plus qu’eux érudite,
Ses cheveux libérés tels de fiers étendards."
Ces trois vers sont le nœud de l’histoire qui nous est contée avec pudeur, sans pathos.
" Nul ne cherche à savoir ce qu’elle est devenue
Je n’oublierai pas l’ange aux ailes d’ingénue
Bravant l’autorité sans crainte et tête nue."
Je pense que nous sommes nombreux à avoir été bouleversés par cette horrible information, nous n’oublions pas, et nous sommes meurtris par notre impuissance face à de tels actes.
Cela ne se passe pas "chez nous" mais qu’importe, cela existe et je remercie l’auteur d’avoir sollicité sa belle plume au service de la liberté et de l’humanité bafouée.

   Laurent-Paul   
24/3/2025
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et
aime beaucoup
Bonjour,
la forme, le fond et le sujet se confondent et sont émouvants et parfaits, disant la violence et la bêtise des intolérants à l'aide de la beauté et de la finesse. Même si le sujet n'a rien à voir, votre poème me fait penser A une passante de Baudelaire, comme une sorte d'antithèse.
Au plaisir de vous lire et vous relire !

   Lebarde   
24/3/2025
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très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Cristale

Un poème magnifique que j'avais bien sûr repéré en EL avec l'idée de le commenter ...demain... et ce que je ne fais qu'aujourd'hui.

Un thème récurrent toujours en tête de l'actualité et au train où vont les choses, qu'il n'est pas prêt de quitter, je le crains.

Vous l'avez traité avec beaucoup de pudeur et de délicatesse sur un ton remarquablement juste et poétique qui distille le propos au fil des vers pour le dévoiler seulement à la fin.

Après une première lecture rapide, j'avais d'abord pensé à "La Liberté guidant le peuple" de Delacroix ...allez savoir pourquoi!

Une réflexion après tout pas si absurde que çà, quand on sait bien que la Femme, pour défendre les grandes causes et en particulier celles de son sexe oppressé et horriblement maltraité, est tout à fait capable ( a t'elle vraiment le choix en fait!) de hisser avec courage et détermination les étendards de la révolte et de partir au combat au péril de sa vie.

Une fois encore Cristale nous présente un poème superbe en strophes originales de cinq alexandrins fluides d'une belle poésie.

Du Cristale pur jus, sur un sujet sérieux et émouvant particulièrement réussi.

Merci.

   Dalien   
24/3/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Magnifique comme toujours ! Je n'ai rien à rajouter sinon que vous faites partie des poètes d'Oniris que je suis en anonyme depuis un certain temps...
Heureux de pouvoir vous saluer enfin à travers ce message.
Bien à vous, Dalien

   Damy   
26/3/2025
Un poème où l’on ne sent pas la violence de la révolte. Un poème trop doux, trop pudique, trop sage, à mon goût. Jeunes femmes et jeunes hommes risquent leur sang dans les rues. Les Guides Suprêmes de l’Ouma, les Mollahs, et ailleurs les dictateurs, bâillonnent les dissidents, les emprisonnent ou les assassinent. Bien sûr, les femmes...

Je trouve qu’il y a une trop grande dichotomie entre le style élégant et le sujet morbide, cependant votre poème percute la sensibilité des commentateurs, il atteint donc son but et c’est là l’essentiel. Damy se serait laissé déborder dans un style sûrement plus crû, assurément plus violent, mais non moins poétique. Vous lui pardonnerez, j’en suis sûr, de faire tache.

   Cyrill   
26/3/2025
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Bon, je sens que mon commentaire va faire tache* au milieu de tous ces éloges, mais j’avoue que je suis loin d’avoir été emporté par ce poème.
Bien sûr, le thème. Dénoncer ces horreurs, ces femmes invisibilisées, pire, battues, torturées, tuées, en Iran et ailleurs.
Mais je trouve, et je dis ça humblement de mon petit point de vue, que le traitement est moyen. D’entrée, et bien que j’en saisisse parfaitement le sens, je trouve les constructions suivantes complexes et inaudibles  : « l’apanage / D’assumer […] la beauté » puis « D’assumer / Le regard ».
Plus loin, même regret pour le V9 : « De la jeune insolente, et plus qu’eux érudite ». l’inversion ne me semble pas naturelle et perd donc de sa force.
On reconnaît donc Mahsa Amini, tout un symbole. De là à lui attribuer un « chant cristallin », il y a un pas que je n’aurais pas franchi, tant je trouve cet attribut malvenu et un peu mièvre dans le contexte. De même en ce qui concerne les termes d’ange et d’ingénue. Il ne me semble pas que c’est la naïveté qui caractérisait cette jeune femme. Tout dans ces attributs contribue à faire d’elle une figure évaporée, alors que j’ai vu en elle, moi, de la détermination et de la bravoure.
C’est dommage car il est bien question de courage et d’insoumission en début de poème. Pourquoi avoir abandonné cette tonalité ?
Au delà, je trouve aussi que c’est beaucoup trop raconté pour de la poésie. L’histoire, on la connaît. On sait aussi combien la morale hypocrite des mollah est révoltante, si l’on est un peu curieux. Le poème devrait le faire ressentir, non pas le redire pour la énième fois.
Pas facile, bien sûr, le projet était ambitieux. Désolé pour ma sévérité. Pour finir sur du positif, j’aime bien « les pourprés charnels, déflorés avec rage / Rougissent la paillasse » : un commencement de rage, peut-être, dans cette formule.

* ah ben, je me sens moins seul...

   JohanSchneider   
26/3/2025
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Les bons sentiments font-ils de la bonne littérature ? Le débat est éternel et ne sera jamais clos, tant il mobilise de subjectivité. En tout état de cause, voici un texte qui m'inciterait à répondre par la négative. Certes la maîtrise de la langue et de la versification sont au-dessus de tout reproche.
Certes la condamnation de l'obscurantisme est nette et ne manque pas de courage en cette époque de veulerie érigée en système.
Oui, mais... J'éprouve un peu la même impatience que lorsque la TV nous montre des ours en peluches et des bougies amoncelés sur les lieux de drames atroces qui viennent périodiquement flageller nos consciences au milieu du rituel vespéral et morbide du "Journal de 20 heures".
On peut penser ce qu'on veut de Simone de Beauvoir qui n'était pas un parangon d'empathie, mais lorsque dans ses écrits elle traitait des gens de salauds - à tort ou à raison - au moins les choses étaient claires.
Il n'y a pas de victime sans salauds et j'aurais aimé qu'ils soient présents dans votre texte sous une forme moins éthérée que des esprits bien-pensants, des yeux fous ou des soldats...

   Zeste   
26/3/2025
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Je vous ai lu; le poème, vos remerciements et par ricochet les commentaires. En guise de réaction, il me vient une pensée toute de spontanéité et que je résume en une petite phrase: toute l'humanité est dans une belle personne!

   Cornelius   
26/3/2025
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très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Cristale,

A la fois insoumise, insolente ou ingénue cette héroïne dont on ne peut qu'admirer le courage sera restée indomptable jusqu'à la fin.
Espérons qu'elle ait trouvé pour toujours, cheveux au vent, le chemin de la liberté.

Merci pour la douceur de ce poème.

   Cristale   
27/3/2025


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